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Opéra-Comique. 195
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Sur quoi nous commiffaire fufdit avons donné acte aux delTus nommés de leur plainte et, ayant égard à leur réquifitoire, fommes tranfporté fur les cinq heures à Ia foire St-Laurent, où étant, femmes entré dans une grande loge conftruite dans le préau de ladite foire, appelée l'Opéra-Comique, dans laquelle cft un théâtre avec des décorations, un orcheftre, un amphithéâtre, un parquet, des loges et un parterre ornés et décorés comme les théâtres de l'Opéra et de la Comédie-Françoife ; le théâtre, les loges, parquet, amphithéâtre et parterre remplis de nombre de perronnés. Sur lequel théâtre nous avons vu repréfenter une pièce en trois actes qui a pour titre : Pierrol-Cèlaâon, laquelle eft jouée par des hommes et femmes dont le principal acteur cft Pierrot-Céladon, vêtu à la manière du Pierrot dc la Comédie-Italienne et joué dans le même goût. Les actes de laquelle pièce font divifés en fcènes où les acteurs chantent chacun ce qui eft de leur rôle et où dans les entr'actes il y a des danfes. Et nous avons remarqué que prefque dans toutes les fcènes les acteurs, eelTant de chanter, continuent la fcène en parlant pendant un petit efpace de tems, principalement Pierrot-Céladon, qui eft celui qui y joue le principal perfonnage, et celui ou celle à qui il parle lui répond pareillement en parlant, et après avoir parlé, dans chaque fcène, et déclamé plufieurs phrafes, continuent la fuite dc la fcène en chantant. Dont et de quoi nous avons dreffé procès-verbal.
(Archîves des Comt»., n° 859.)
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II
L'an 1729, le mardi 17- jour d'août, huit heures du matin, en notre hôtel et par-devant nous Louis-Pierre Blanchard, etc., font comparus les fieurs Charles Botot-Dangcville, Pierre Duchemin et Alexis Quinault-Dufretne, tous trois comédiens ordinaires du Roi, demeurant, favoir lefdits Dangeville ct Duchemin, rue des Foffés-St-Gerniain, paroiffe St-Sulpice, et ledit fleur Dufreme, rue dc Condé, fufdite paroiffe, et chargés des affaires de ladite troupe : Lefquels nous ont fait plainte contre les entrepreneurs de l'Opéra-Comique et dit qu'au préjudice des fentences rendues par M. le Lieutenant général de police et arrêts du Parlement confirmatifs d'icelles par lefquels il leur eft fait défenfe de parler dans les pièces qu'ils jouent, ils parlent dans beaucoup d'endroits defdites pièces, ce qui Ieur fait un tort confidérable ; pourquoi ils requièrent que nous ayons à nous tranfporter à la foire St-Laurent où fe tient l'Opéra-Comique, à l'effet, par nous, d'examiner les acteurs qui jouent dans la pièce intitulée : Pierrot-Céladon, et enfuite être par nous conftaté s'ils parlent par notre préfent procès-verbal.
Signé : Botot-Dangeville ; Qtjinault-Defresne.
Sur quoi nous commiffaire, etc., fommes tranfporté le lundi 23 du préfent
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